Mon Potager – Préparation de la terre

Mon expérience au sujet de la préparation d’une terre de potager, commencé fin avril 2015 en centre Bretagne.

 

Cette année, j’ai l’occasion de faire un potager sur une pelouse. Pour préparer la terre dans ce cas-là il existe plusieurs solutions :

  • Confectionner des buttes de permaculture comme je l’expliquais ici. En résumé il faut creuser et enlever la terre sur une bonne profondeur, y mettre du bois en décomposition (du vieux bois fibreux qui s’effrite, c’est très important, il emmagasine l’eau comme une éponge quand il pleut et la rediffuse ensuite lentement dans la terre) que vous recouvrez de diverses matières végétales et de terre. Pour ceux que les détails intéressent, Philippe Forrer explique tout ça parfaitement dans cette vidéo (22min46) : Philip Forrer présente; « Le Jardin du Graal ».
  • Recouvrir le sol, à l’aide de « mulch » (du paillage), de bâches plastique noire ou de cartons (sans colle et sans encre) recouverts de tontes d’herbes et de pierres pour les maintenir en place. Ça permet d’étouffer complètement la pelouse qui est dessous en l’écrasant et en l’isolant de la lumière (vérifier que ça reste humide, on peut aussi mettre de l’herbe coupée et du fumier sous la bâche pour nourrir la terre). Les vers de terre travaillent à fond à ce moment-là : ils viennent chercher l’herbe en décomposition sous la bâche, l’enfouissent pour la mélanger à la terre argileuse plus profonde et remontent le tout pour nous faire des jolis cacas en tas à la surface (qu’on appelle des turricules et qui sont très riche en nutriments pour les plantes!). Ça va prendre plusieurs mois, en général on pose les bâches à la fin de l’automne pour avoir une belle planche nettoyée et aérée (grâce aux vers de terre toujours) au printemps. Pour prolonger cette façon de cultiver sans travailler le sol, on le recouvre ensuite de divers « mulchs » selon les saisons. Un maître en la matière, Dominique SOLTNER, en parle brièvement dans la vidéo de présentation de ses DVD. (J’ai eu de la chance, j’ai vu une vidéo de plus d’une heure de lui que je ne retrouve plus. C’était certainement son DVD piraté, je ne vois pas d’autre raison qui fait que cette vidéo a disparu aujourd’hui. En tous cas c’était un régal, ses méthodes m’intéressent encore plus que les buttes de permaculture!). Un autre, Jean RIVIERE, en parle aussi parfaitement dans cette vidéo (de mauvaise qualité malheureusement, mais le fond est tellement intéressant…) : « Observons la nature et cultivons ensuite ».
  • Enlever la pelouse.

Pour la première solution, faire une butte, il m’aurait fallu un peu plus de temps et un peu plus de bras (ou de muscles!). C’est assez physique comme boulot. J’aurais pu y arriver seule mais avec beaucoup de temps du coup et j’en manquais (j’ai commencé en avril, ce qui est tard dans la saison).

Pour la seconde, couvrir la pelouse, ça demande plusieurs mois. En général on le fait à la fin de l’automne comme je le disais pour que la planche soit prête au début du printemps. Pour la même raison qu’au-dessus, c’était trop tard.

Il me restait la troisième solution, la plus rapide : enlever la pelouse là où je voulais faire mon potager. C’était assez physique aussi mais déjà plus à ma portée. C’est loin d’être aussi permaculturel que la butte mais l’important est de faire au mieux en fonction de nos capacités et possibilités du moment. Je ne peux donc pas dire que je fais strictement de la permaculture mais je m’en inspire et je compte bien évoluer dans ce sens au fil du temps.

 Les planches

J’ai d’abord fait mes plans pour savoir quelles variétés je souhaitais faire pousser et en quelle quantité, puis j’ai pris des mesures et tracé mes « planches » (ce sont les parcelles découpées et travaillées qui accueillent les plantations) grâce à des bouts de bois et une ficelle. Pour les allées, j’ai tout simplement laissé une bande de pelouse entre chaque planche assez large pour y passer la tondeuse.

À l’aide d’une serfouette, (j’aurais pu utiliser une houe qui est plus large mais la serfouette plus légère convient mieux à mes petits muscles) j’ai d’abord tracé mes contours et j’ai ensuite retiré la pelouse en passant la serfouette dessous et en tirant la pelouse vers moi, elle s’arrachait par mottes.

Je n’avais pas encore de brouette, j’ai donc mis les mottes de pelouse sur une grande bâche que j’ai ensuite tirée derrière moi jusqu’à un trou de l’autre côté de la maison. J’ai dû le faire 5 à 7 fois par planche.

Là on voit un peu ce que ça donne concrètement (photo prise avec un portable…) :

parcelle

Et là on peut voir l’avancée du travail, je recouvrais mes planches fraîchement mises à nu par de l’herbe tondue avant de passer à la suivante :

Pelouse

La pelouse au départ

Parcelles 1

La première planche au fond, recouverte d’herbe tondue et entourée de branches

Parcelles 2

Les planches du fond sont faites et recouvertes, et celle de devant est juste « découpée »

Parcelles 3

La dernière planche de cette partie vient d’être scalpée

La terre

J’ai ensuite « aéré » la terre de mes parcelles. A défaut d’une grelinette (vidéo de 2min39), qui est l’outil parfait pour aérer la terre sans la retourner, j’ai utilisé une fourche à gravier dont les dents sont usées. J’avais ça sous la main et j’ai trouvé que c’était plus pratique qu’une fourche car les dents sont plus fines et plus nombreuses. Je l’ai donc enfoncée dans le sol et remuée légèrement pour émietter la terre (sans la retourner! J’ai expliqué pourquoi ici). J’en ai profité pour enlever le maximum de cailloux (un bon paquet!) et de racines (un bon paquet aussi!).

J’ai également rencontré quelques insectes qui-sont-bien-gentils-mais-que-je-ne-vais-pas-les-garder-parce-qu’ils-mangent-les-racines-et-les-feuilles-de-mes-légumes-et-que-j’ai-pas-envie-de-faire-tout-ça-pour-rien… en clair, des indésirables. Le mot est un peu tabou en permaculture puisque chaque élément végétal et animal a son utilité au jardin et qu’on n’a pas vraiment plus de droits qu’eux de vivre et de manger de bons légumes. Mais je vais être sincère, je ne sais pas encore les gérer correctement alors je les ai déplacés (dans le trou où je déposais aussi la pelouse à l’arrière de la maison) ou donnés à manger au merle qui vient retourner mon paillage tous les soirs.

Les amendements

Chaque matière mise sur le sol apporte des éléments différents (azote ou carbone) aux plantes, en conséquence il faut faire attention à équilibrer ces apports.

Dans mon cas j’ai utilisé de la tonte de pelouse qui est riche en azote et pauvre en carbone. Après avoir terminé mes planches je suis allée chercher des feuilles mortes (il y a trois grands chênes sur le terrain) qui étaient entassées au pied de la haie et pas encore complètement décomposées de cet hiver. Les feuilles mortes (de chêne, de bouleau et d’érable en particulier) sont pauvres en azote et riches en carbone, exactement ce qu’il me faut pour équilibrer mon paillage.

Paillage

Sur la planche la plus proche de nous, j’ai mélangé de la tonte de pelouse à des feuilles mortes de chêne

J’ai ensuite dû m’absenter et j’ai fait mes dernières planches 15 jours plus tard, très largement aidé par un ami (aide bienvenue, il a fait en 20 minutes ce que j’aurais certainement fait en quasiment deux heures!).

Entre temps j’ai récupéré des orties (très bon fertilisant riche en fer et en azote) que j’ai éparpillées sur mes paillages.

Puis des fougères que j’ai découpées au sécateur et éparpillées dessus également (repousserait les limaces et de toutes façons c’est bon pour le sol).

Et, sous les conseils de cet ami, j’ai récupéré du très bon terreau au pied d’une haie d’arbres de l’autre côté de la route. J’ai enlevé la première couche de branches et de feuilles et récupéré le terreau dans des seaux sans prendre la terre qu’il y avait dessous. La distinction est facile : le terreau est noir et s’émiette, la terre est marron et plus dure. Ce terreau est riche en nutriments et en bois décomposé, parfait pour nourrir les bons champignons du sol et les prédateurs des limaces.

 

Parcelles 4

Nouvelles planches et dépôt de divers amendements, ça ne fait pas très propre mais qu’est-ce que c’est bon pour mon sol!

Voilà pour le travail du sol! La prochaine fois je devrais normalement vous parler des semis et vous expliquer le rôle des bouteilles d’eau coupées et retournées qu’on voit au fond de la dernière photo.

2 thoughts on “Mon Potager – Préparation de la terre”

  1. ça semblait bien parti, puis plouf! Pas de retours? qu’est devenu ce petit potager sympathique? 🙂 Vos essais sous le chêne ont donné quoi ? amicalement.

    • J’ai emmagasiné plein de photos et de choses à raconter mais j’en suis restée là oui, je n’ai pas pris le temps de mettre tout ça en forme et de le poster ici au fur et à mesure.
      Tout est là, sous la main, et parfois je me dis que je devrais simplement faire un article qui résume tout, la tâche sera moins grande. 🙂

      Sous les chênes les résultats étaient moyen : le melon et la butternut n’ont pas tenus (je ne suis pas sûre que l’emplacement soit en cause), les tomates végétaient alors je les ai déplacés, le potimarron était ailleurs finalement et m’a donné un beau bébé, et les courgettes jaunes qui n’étaient pas prévues ont donné un peu.
      Il y a trop peu de soleil sous les chênes, et comme ils sont sur une butte l’emplacement manque d’eau aussi je pense. Je vais donc plutôt en faire une butte de fleurs résistantes.

      Sinon pour le reste du potager j’ai eu quelques ratés mais surtout de belles surprises. Ça serait bien oui, que j’en fasse un petit résumé assez rapidement. 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.